Pendant que pois chiches, lentilles et haricots noirs règnent en maîtres dans les cuisines véganes, une légumineuse discrète est en train de faire une entrée remarquée dans les revues scientifiques internationales : le Lablab purpureus, connu sous les noms de lablab, dolique d’Égypte ou haricot lablab. Deux publications parues en juin 2026 sur PubMed dressent un portrait complet de ses propriétés nutritionnelles et de son potentiel en tant que source de protéines bioactives. De quoi sérieusement élargir la palette des sportifs adeptes du plant-based.
Ce que dit la recherche
La première étude, une revue de littérature exhaustive publiée en juin 2026, s’est intéressée aux valeurs nutritionnelles, aux composés bioactifs et au potentiel santé du Lablab purpureus. Les conclusions sont frappantes : cette légumineuse, largement cultivée en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, affiche une teneur en protéines comprise entre 20 et 29 % selon les variétés. Un taux comparable au soja, longtemps considéré comme l’étalon-or des protéines végétales.
Mais la quantité n’est pas tout. Ce qui intéresse particulièrement les chercheurs, c’est la qualité du profil en acides aminés du lablab. Contrairement à beaucoup de légumineuses, il est remarquablement équilibré et présente une teneur élevée en lysine, l’un des acides aminés limitants classiques des céréales. Consommé en association avec du riz, du blé ou d’autres grains, il permet d’atteindre un profil protéique complet sans passer par les protéines animales.
La deuxième publication, également parue sur PubMed ce mois-ci, a exploré la production de peptides bioactifs par hydrolyse enzymatique des protéines de Lablab purpureus et de Macrotyloma uniflorum (le haricot du cheval). En optimisant les protocoles d’extraction et de protéolyse, les chercheurs ont obtenu des hydrolysats riches en peptides biologiquement actifs, présentant des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et potentiellement anti-hypertensives. Des qualités qui ont un intérêt direct en contexte de nutrition sportive.
Pourquoi c’est important pour les sportifs véganes
La récupération musculaire ne se résume pas à un comptage de grammes de protéines ingérés dans les 30 minutes qui suivent l’effort. L’inflammation induite par l’exercice intense est un mécanisme réel, nécessaire, mais qui doit être maîtrisé pour ne pas freiner l’adaptation à l’entraînement. C’est là qu’intervient le profil bioactif du lablab.
Ses protéines, lorsqu’elles sont fragmentées lors de la digestion ou d’une préparation adaptée, libèrent des peptides capables d’exercer une action anti-inflammatoire naturelle. Ses polyphénols, présents en quantité notable dans les variétés aux enveloppes violet foncé ou marron, jouent le rôle d’antioxydants qui neutralisent les radicaux libres générés par l’effort physique. Combinés, ces effets pourraient contribuer à une meilleure récupération et à une réduction de la fatigue chronique.
Pour les sportifs véganes qui font face à la monotonie alimentaire, l’une des principales difficultés des régimes plant-based orientés performance, le lablab représente une piste sérieuse. On a tendance à toujours revenir aux mêmes sources de protéines : lentilles, pois chiches, edamame. Or, diversifier ses légumineuses, c’est aussi diversifier ses apports en fibres, en minéraux, en phytonutriments, ce qui bénéficie à la fois aux performances et à la santé du microbiome intestinal.
Le lablab présente également un avantage sur le plan environnemental : il fixe l’azote atmosphérique, résiste à la sécheresse et produit des rendements élevés dans des conditions agricoles difficiles. Pour les sportifs véganes engagés sur la question écologique, c’est un argument de plus.
Intégrer le lablab dans son alimentation sportive
Trouver du lablab en France n’est pas encore aussi immédiat qu’acheter des lentilles vertes. Mais la situation évolue : certaines épiceries africaines et asiatiques en proposent sous forme sèche, et quelques enseignes spécialisées en alimentation végane commencent à l’intégrer à leur catalogue, parfois sous le nom de “dolique” ou “haricot hyacinthe”.
En cuisine, le lablab se prépare comme n’importe quel haricot sec : trempage 8 à 12 heures dans de l’eau froide, puis cuisson à l’eau pendant 45 à 60 minutes. Il peut remplacer les haricots blancs dans les ragoûts, les soupes ou les currys. Sa texture est dense et crémeuse, son goût légèrement terreux et doux, proche du haricot blanc mais avec plus de corps. Il s’intègre parfaitement dans un bowl post-entraînement avec du riz complet, des légumes rôtis et une sauce tahini.
Point de vigilance : le lablab cru contient des composés antinutritionnels, dont des lectines et de l’acide phytique. Un trempage suivi d’une cuisson prolongée suffit à les éliminer dans leur grande majorité. Ne consommez jamais le lablab cru ou insuffisamment cuit.
Côté apports pour un sportif, une portion de 100 g de lablab cuit apporte environ 9 g de protéines, 7 g de fibres, une bonne dose de fer non héminique, du magnésium et du potassium. Des micronutriments particulièrement utiles pour maintenir les contractions musculaires et limiter les crampes lors d’efforts prolongés.
À retenir
Le Lablab purpureus est l’une des légumineuses les plus prometteuses que la recherche nutritionnelle met en lumière en 2026. Riche en protéines complètes, en peptides bioactifs aux effets anti-inflammatoires et antioxydants documentés, il mérite une place dans la rotation alimentaire de tout sportif végane soucieux de diversité et de performance. En attendant qu’il devienne aussi courant que le pois chiche dans nos cuisines, il constitue déjà une découverte précieuse pour ceux qui cherchent à aller plus loin dans l’optimisation de leur alimentation plant-based.
Pour aller plus loin, retrouvez notre guide des protéines végétales complètes et notre dossier sur l’alimentation anti-inflammatoire végétale pour la récupération.